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Je ne savais pas que les rêves, au fil des nuits, pouvaient s’apparenter à de véritables feuilletons, tantôt policiers tantôt romantiques, la fin de l’un devenant le commencement de l’autre, à la façon d’un système de relais parfaitement huilé. Je me demande combien d’épisodes le personnage principal pourra encore tenir, tant il est meurtri par les attaques de hyènes lubriques, trahi par des amours cyclopes et pyromanes, contraint à sauter dans le vide intersidéral pour fuir un viol collectif ou à prendre un avion tentaculaire qui transforme ses passagers en de minuscules figurines de plastique ; figurines privées de visage et de refuge – privées du refuge du visage… Afin de ne rien manquer de cette vie parallèle, j’attends pourtant avec impatience le moment du coucher, ce moment où se ferment docilement mes paupières ; des écrans d’argile sur lesquels se moulent mes si chères chimères.

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