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Je ne savais pas que John Cage s’était enfermé dans une chambre insonorisée, à l’université de Harvard, en 1948, dans l’espoir d’y entendre le silence absolu ; espoir, en fin de compte, anéanti par la rengaine de son propre corps, mis à mal par sa propre présence. Point de silence, mais le son, plutôt aigu, du système nerveux, et celui de la circulation sanguine, à la tonalité plus grave (selon les termes de l’ingénieur en charge de l’expérience). Ce dernier touchait sa bille et ne manqua pas de frapper la corde sensible du musicien pour qui la situation était bel et bien grave : il avait pour rivaux invincibles de prolixes hémoglobines.

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