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Je ne savais pas que l’Optimist était un petit bateau, plus précisément un dériveur d’initiation, inventé en 1947 par Clark Mills.

Depuis ma terrasse languedocienne, j’entendis un enfant crier Je veux faire de l’optimisme je veux faire de l’optimisme pour être content !, et, puisque j’ignorais encore la véritable appellation de ces caisses à savon, en rang d’oignons sur le bord de mer, me dis que ce môme allait bientôt s’en prendre un – de savon – s’il ne baissait pas d’un ton et ne cessait pas, sur le champ, de jouer au philosophe. Ses parents, dont seuls les bobs dépassaient derrière l’on ne peut plus complet équipement de plage (incluant parasols publicitaires, râteaux, bouées, matelas pneumatiques, huile de monoï pour madame, écran total pour le loustic, transat pour monsieur, glacière, sueur…), semblaient étrangement démunis – malgré ledit arsenal –, et se liquéfiaient beaucoup trop, sous le zénith, pour rester sensibles aux caprices d’un impertinent et, plus encore, à de pertinents jeux de mots.

Malgré toute la bienveillance que je portais, sinon à cet enfant, du moins à son insoucieux mot d’esprit, et bien que je fusse restée toute coagulée à l’ombre de la tente déployée, cette tautologie résonna aussi en moi comme une bulle de savon. Que voulez-vous, le pessimiste est têtu, et pensera toujours l’inverse : d’abord, essayer d’être content ; ensuite, éventuellement, se lancer dans l’optimisme…

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