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Je ne savais pas que l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière avait découvert, en 2011, que le degré de dépression d’un individu dépendait de la quantité, présente dans le sang, de BDNF (acronyme de Brain Derived Neurotrophic Factor), une protéine qui agit sur la survie des neurones.

Première découverte : la dépression serait graduable. Deuxième interrogation : existe-t-il réellement un Institut pour chaque partie du corps ? Je promeus, alors, Georges Bataille mécène de l’Institut du gros orteil ! Quant à ladite protéine, j’envisage, pour ma part, plusieurs solutions : tout d’abord, instaurer un nouveau décret, destiné aux donneurs de sang qui présentent un taux de prédisposition à l’état dépressif de plus de 45% (ils seront alors, en toute logique, interdits de philanthropie afin d’éviter toute épidémie) ; ensuite, acheter des seringues de BDNF, sous le manteau ou sur internet (imperméable, dans son cas, à toute déontologie) ; prescrire, enfin, des saignées régulières, et recommander aux patients concernés de se couvrir de sangsues médicinales, le plus souvent possible, et même la journée, au travail… (Un sang démoralisé est un sang mauvais.) Puisque l’hiver implique la superposition des lainages (le dépressif est, de surcroît, plus sensible au froid), les gluants annélides ne devraient pas se faire particulièrement visibles ; ils ne risqueront donc pas d’entraver la vie sociale de ceux qui, de toute façon, ne côtoient plus grand monde.

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