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Je sais pourquoi j’ai mal (fait assez rare pour être mentionné) : un ancien voisin, que je n’avais pas croisé depuis un certain temps (ce dont, à dire vrai, je ne me plaignais pas étant donné sa balourdise certaine), venait de me gratifier d’une solide poignée de main et, partant, de broyer méticuleusement chacune de mes phalanges.

Au même moment, ailleurs, Didier, chanceux commercial de Dammartin-en-Goële, croisait, quant à lui, la route – un brin plus périlleuse – des Frères K Lâches Nikov, qui durent faire patte de velours, et preuve d’une indéniable discrétion, lorsqu’ils empoignèrent la main du dammartinois. De loin, en effet, on eût dit un échange de bons procédés, une visite de courtoisie, les retrouvailles de trois vieux camarades de lycée ; bref, on leur aurait donné le bon dieu. Sans confession. Et, si le monde n’avait pas tourné comme une sauce laissée à décanter, tous trois seraient  repartis, bras dessus bras dessous, terribles comme des enfants sans quatre-heures, sages comme des images sans idoles.

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