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Je ne savais pas que Louisette était autrefois le surnom de la guillotine. Soit dit en passant, on n’a jamais parlé de diminutif à si bon escient, au vu de l’inévitable diminution corporelle qu’entraîne tout tête-à-tête avec la bascule, malheureusement dépourvue de cheval sur lequel fuir vitesse grand V.

Face au poussiéreux manuel d’Histoire (l’Histoire sera-t-elle, un jour seulement, époussetée ?), je me sentis désarçonnée tant cette découverte éclairait d’un jour nouveau l’attitude de ceux qui, en ma présence, marchaient si souvent sur la tête, voire la perdaient. On m’appelait Louisette, parfois, mais jamais je n’avais eu à considérer le sobriquet autrement que comme un simple hypocoristique, d’autant plus lorsqu’il venait d’un proche. En revanche, ceux qui se servaient du petit nom en pensant me caresser dans le sens du poil se mettaient le doigt dans l’œil : je prenais plaisir, dès lors, à faire se hérisser les leurs.

Avec le recul, il me semble avoir fait tomber bien plus de masques que de têtes, mais, dans le doute, je ne me risquerais finalement pas à trancher.

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