164

Je ne sais pourquoi Gérard Depardieu était, la nuit dernière, dans mes rêves… mais je ne m’en plains pas : on parlait russe et chapka, je l’appelais Loulou, il me prenait pour Huppert, on préparait des kilos de poutine en cuisine,  on appelait Doc’ Raspoutine pour nos ulcères, on pleurait Guillaume jusqu’à former un lac Baïkal plus grand encore que le véritable… Quand celui-ci gelait, on allait patiner ; Gérard passait au travers de la glace, je le repêchais avec pour seul appât un ou deux litres de vodka. On se réchauffait ensuite au musée de l’Ermitage, ou contre un samovar. Il était le Maître ; j’étais la Marguerite. Le pas du tout ne faisait pas partie de notre vocabulaire. On inventait des vers, faits de poétique et d’acide ascorbique ; ils débordaient de vie et des hémistiches

— passionnément, démesurément slaves.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *