167

Je ne savais pas qu’il existait trente-cinq formes de flocons de neige, les cristaux variant selon la température et l’humidité de l’air. La chair énamourée n’a pas idée de toute la beauté extérieure dont elle se prive, à trop hiberner dans la grotte confortable du plaisir, à toujours privilégier la chaleur du derme, l’humidité d’une tanière… Hypnotisée par ta pupille comme par l’écran du téléviseur, j’oubliais même de rallumer le soleil ; mon teint porcelaine en profitait pour rosir tandis que tu dévalais mon derme poudré, jusqu’à l’avalanche. On pressentait la pluie prochaine, le glas, le gel.

Que nous est-il arrivé, le temps d’un frisson, le temps du frimas ? Je n’ai plus assez de force, maintenant, pour briser la glace de tes hémisphères. Tout a gelé. Progressivement, nos yeux se sont recouverts de ce voile neigeux, déluge de petits points blancs et froids ; ils crissent, même, quand on les plisse. Je n’adhère plus à ta surface – du verglas –, encore moins à ce cœur dont tu restes si frileusement spectateur. Le paysage devra rester blanc. Enfin, nous changerons de forme et d’état pendant que les polymorphes flocons, ensemble, se fondront.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *