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Je ne sais pourquoi l’écrivain prend si souvent le risque de se relire. Il doit aimer se faire du mal, se croit incapable d’être, d’avoir bien fait. L’écrivain a autant de nombrils que de regrets. Toujours hanté par son perfectionnisme, il tombe forcément sur quelques coquilles, dont les amandons, amers et inaccessibles, font entendre leur jeu, sous l’enveloppe définitivement scellée. Lorsqu’elles remuent ainsi, sous l’écale et la coque, on dit de ces graines qu’elles sont avortées. Alors, il faut recoucher sur le papier ; de nouveau, s’ensemencer.

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