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Je ne savais pas que le rapport de la Cour des comptes comportait 1300 pages, 27 chapitres et 98 recommandations. Il excède ainsi, en nombre de feuilles, La Vie mode d’emploi, Le Jeu des perles de verre, Les Frères Karamazov, Belle du Seigneur, La Montagne magique, Notre-Dame de Paris, et jusqu’à l’ensemble des Papiers Collés de Georges Perros ! (Précisons qu’il ne rivalise tout de même pas avec les sept tomes réunis de la Recherche.) Quant à ses conclusions, peu réjouissantes, elles excéderont aussi grand nombre de lecteurs qui, par chance, sauront prendre une figure de circonstance. Bien élevés, ils n’ont pas l’habitude de se fâcher lorsqu’un pavé leur tombe des mains, non plus quand celui-ci vient s’écraser sur leurs pieds. D’ailleurs, tout lecteur qui se respecte garde sous le coude un autre livre, toujours prêt à lui porter secours, comme un gros orteil de rechange, celui de Bataille, par exemple.

Autrement dit, ce solide rapport – difficile à glisser dans la poche, et donc ne convenant pas à la noyade façon Virginia Woolf – constituerait une cale de choix, et lesterait n’importe quelle idée n’ayant pas les pieds sur terre ; la haute idée littéraire.

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