282

Il n’avait décidément rien à voir avec ces lézards qui restent là, sans rien faire, sinon de prendre le soleil comme s’il n’appartenait qu’à eux seuls !

Lui avait eu tout le temps de revenir sur lui-même. Un véritable travail d’introspection dont il pouvait être fier ! Oui, une bien riche expérience, quoiqu’un peu répétitive, à la longue… Peut-être avait-il fait le tour de lui-même.

Plus d’une fois, c’est vrai, il s’était mordu la queue. Elle lui restait parfois dans la gueule, retenue par ses crochets, comme une poignée de porte nous serait restée dans la main. Preuve irréfutable de son évolution, ladite mue l’émouvait, lui rappelait comment il était, avant — et puis après, il avait tout le temps de l’oublier.
­

Les habitudes sont tenaces, et l’arrivée fidèle au départ : tout porte donc à croire que le serpent, lorsqu’il ira de nouveau faire un tour, se mordra une fois de plus la queue. Comme toujours.

A tant se transformer, il sera redevenu pareil.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.