206

Je ne sais comment aménager mon nouvel appartement. La vie pratique se confronte à l’idéale ; et j’œuvre, tant bien que mal, à l’assemblage des contraires, au déballage des cartons, empilés[…]

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205

Je ne sais pas si l’agenda à mon chevet, et le calendrier suspendu au-dessus du lit tel un crucifix, compulsivement consultés d’un œil soucieux de ce qui pourrait arriver, sont d’une[…]

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204

Je ne savais pas que 2016 avait été désignée comme Année Internationale des légumineuses par la 68ème Assemblée Générale des Nations Unies. Dans un premier temps, j’en fus amusée, puis,[…]

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203

Ne sais-tu pas qu’un tyran appartenant à quelqu’un est avant tout esclave ? Tu souris à cette question rhétorique et récidivas : Je ne suis pas un tyran ; je suis ton[…]

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202

Je ne savais pas où se trouvait l’huile de coude. Habituée des bibliothèques et de Dewey, je pensais, en toute logique, la trouver à gauche de l’huile de coupe : il[…]

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201

Je ne sais pas encore si la pharmacienne s’en apercevra, lorsque je lui tendrai, méticuleusement pliée en quatre, l’ordonnance du médecin… mais, oui, je suis téméraire, oui, j’ai de l’audace,[…]

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200

Je ne savais pas qu’un or pur à cent pour cent, c’est-à-dire de vingt-quatre carats, était trop malléable pour être utilisé, notamment dans la confection de bijoux. Me voilà donc[…]

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199

Je sais bien que « ça promet » : je est enrôlé dans tes freins et tes filets, quand moi ne s’engage pas à grand-chose, pas même à se dégager du pire, de tes attaches fines[…]

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198

Je ne savais pas qu’ailleurs, dans cette ville voisine appartenant soudain à une autre sphère, explosaient d’autres chairs que la mienne, alors atomisée par la transe et l’éther. Pores nucléaires,[…]

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197

Je ne sais plus, pour l’heure, écrire ailleurs que sur son corps qui est le mien qui est le nôtre qui est l’écorce qui est la sève qui est l’arbre[…]

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196

Je ne sais pas toi mais — ce qui barre d’emblée la route à la coordination conjointe de nos êtres. Et donc, hormis le cœur ?

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195

Je ne savais pas qu’un individu ayant un prénom pour patronyme descendait probablement d’une famille d’orphelin. En effet, lorsqu’un enfant arrivait à l’orphelinat, il recevait le prénom d’un saint, ou[…]

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194

Je ne sais pas si je suis vraiment à la recherche d’un emploi. Cette réflexion est sournoisement venue s’installer en moi, qui attendais sagement mon tour dans la file d’attente du cinéma,[…]

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193

Il ne savait pas lire mais adorait se retrouver seul ; seul-avec, tout un concept. Il s’installait chaque jour à la table d’un café, y résidait du petit noir à l’anisé –[…]

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192

« Je ne sais pas où me cacher. Il le faut pourtant. Je me sens terriblement sale, monstrueuse ; je désire tant m’enterrer, hors de tout paradigme… J’en deviens banale, honteusement triviale,[…]

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191

Je ne savais pas qu’existait, dans un minuscule village de Bourgogne, la rue du Chat fou. A cet endroit, j’ai entendu dire que les habitants se jetaient de leurs balcons[…]

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Je ne savais pas que Saturne, sur ma carte du ciel, occupait la maison de la sécurité, gardée par le Capricorne. Mon père est capricorne. (Je tiens à ne faire[…]

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189

Je sais combien je suis instable, un sol versatile, une anguille. Tu t’en accommodes fort bien, me semble-t-il. Il suffit de te regarder, grand gaillard aux pattes solides, marchant vers,[…]

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188

Je sais, je sais : qui part à la chasse perd sa place… Seulement, n’ayant jamais su, encore moins voulu, chasser (si ce n’est les idées noires), la place ne[…]

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187

Je sais que j’ai loupé le coche ; ne me reste plus qu’à enfourcher un cheval de course, galoper à cru jusqu’à décharner mes adducteurs – le sang se mêlera à[…]

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186

Je ne savais pas que, peu de temps avant sa mort, Roland Barthes écrivait un texte sur Stendhal, intitulé On échoue toujours à parler de ce qu’on aime. De mon point de[…]

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185

Je ne savais pas que cet ingrédient, entrant dans la composition de certains produits de beauté et désigné sous le terme de castor oil, était, non pas une huile extraite, par[…]

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Je ne sais pas ce qui me retient de partir ; peut-être le fait de n’avoir pas à revenir, et de m’épargner ainsi ce pesant rituel de déconstruction de la valise,[…]

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Il ne savait pas la retenir, ce qui la mettait en rogne, au point de revenir d’elle-même, pour le lui dire. Se rendait-elle compte, seulement, qu’elle ravivait bien moins la[…]

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Je sais que Lou lit Poe : Perec me l’a dit, le rapporteur. Il faut dire qu’il est bien placé pour le savoir ; à seulement cinq livres de distance, sur la[…]

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Je ne sais strictement plus quoi dire à mon psy. On se regarde en chiens de faïence, et je reste de marbre face à ses silences soi-disant thérapeutiques. J’en suis[…]

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Je ne savais pas comment appeler mon nouveau compagnon à quatre pattes, adopté la veille. Après des litres de thé, sirotés sans même m’en rendre compte tant infusaient simultanément de[…]

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Je ne savais pas qu’il existait, depuis peu, une application téléphonique proposant à l’utilisateur de visualiser, en quelques minutes seulement, le meilleur lieu environnant pour piquer un somme à ciel[…]

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Je ne sais pas ce que j’ai. Combien de fois, déjà, a-t-on entendu cette larmoyante affirmation ? Les hommes parlent sans réfléchir, et se trompent de relative : ce qu’ils[…]

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Je ne sais après combien de jours passés sans se doucher l’eau qui s’écoule par la bonde d’évacuation devient noire, ou suffisamment terreuse pour en boucher la canalisation. J’avoue que[…]

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On sait que l’on a fait le mauvais choix quand l’autre – rétrospectivement, le bon – nous regarde, la mine défaite. Finalement, en comparaison, le mauvais choix fait meilleure figure ;[…]

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Si j’avais su me servir d’un marteau sans me frapper maladroitement le bout des doigts, j’aurais depuis longtemps cloué le bec du spectacle mortuaire qui me fait face ! Il ne[…]

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Je ne savais pas qu’un service de tennis pouvait atteindre deux cent soixante-trois kilomètres à l’heure. Les lanceurs de grenades, détestables figues de barbarie, ne sont décidément pas de vrais[…]

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Il savait très bien piloter l’avion, là n’était pas la question ; il n’en voyait tout bonnement plus l’intérêt. D’ailleurs, rien n’avait plus d’intérêt, alors, tel l’enfant (ou le chien) qui, une fois[…]

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On ne sait pas se choisir, encore moins se le dire. Cependant, d’un commun et tacite accord, nous avons décidé que le doute devait porter sur l’un l’autre – précisément sur[…]

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171

Je ne savais pas qu’une personne lisant au lit était appelée une librocubiculariste. Une preuve, s’il en fallait une, que les diverses positions du lecteur émérite n’ont rien à envier[…]

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Il ne savait pas pour qui voter ; vraiment, les bulletins lui tombaient des mains, et à quoi bon ramasser ce qui ne tombera pas plus bas, comme on dit. Il[…]

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169

Je ne sais comment définir l’extrême jouissance, ressentie lorsque j’arrache les particules mortes de mon corps, et principalement ses croûtes, ces petites plaques croustillantes qui, une fois fissurées, laissent s’échapper la[…]

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168

Je ne sais pas si je suis sur écoute, ou épiée par vidéosurveillance, mais, étant donné que les vieux démons ressurgissent systématiquement le jour où la mémoire se résout enfin[…]

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167

Je ne savais pas qu’il existait trente-cinq formes de flocons de neige, les cristaux variant selon la température et l’humidité de l’air. La chair énamourée n’a pas idée de toute[…]

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Je ne sais pas ce que le vétérinaire trouve, à cette heure, dans tes viscères ; juste une tumeur, ou bien l’enfer. J’attends interminablement son coup de fil, me perds dans[…]

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Je ne savais pas que le MÉOPA était un Mélange Équimoléculaire d’Oxygène et Protoxyde d’Azote, qui permet d’avoir moins mal. Il arrive dans tes narines par un petit tuyau branché[…]

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164

Je ne sais pourquoi Gérard Depardieu était, la nuit dernière, dans mes rêves… mais je ne m’en plains pas : on parlait russe et chapka, je l’appelais Loulou, il me prenait[…]

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Je ne sais pas si le texte que je suis en train d’écrire cessera un jour de se contredire, d’à ce point me paraître périmé. A chaque relecture, en effet,[…]

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Je ne sais pas pourquoi l’on s’obstine à croire que je ne suis pas sociable ! On doit interroger les mauvaises personnes. Il ne faut pourtant pas se fier aux apparences[…]

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161

Je ne sais pourquoi l’argot change les pieds en panards. J’ai déjà entendu quelqu’un prendre son « panard total » quand il retrouvait son canapé après une dure journée de travail, mais, le[…]

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Je ne sais jamais quoi répondre à la question « As-tu fini avec l’aspirateur ? ». Entre nous, peut-on vraiment en finir avec l’aspiration ? Le gourmand compulsif en a-t-il jamais fini avec la boîte de[…]

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159

Je ne sais plus vraiment où j’habite – vraiment plus serait d’ailleurs plus juste : sur la carte, ma position géographique reste introuvable. C’est comme si, à force de rester cloîtrée,[…]

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Tu ne savais pas vieillir, tu avais tout juste la peau fripée du nouveau-né : comment, alors, aurait-on pu te prendre, si ce n’est au berceau, et en douceur ? Je t’ai écrit, en[…]

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Je ne savais pas que Louisette était autrefois le surnom de la guillotine. Soit dit en passant, on n’a jamais parlé de diminutif à si bon escient, au vu de l’inévitable diminution[…]

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